« Conquête salée »

Un documentaire de Frédérique HESPEL

Le teaser est disponible ici

Mot de passe : Conquête Salée FH

RÉSUMÉ

La Baie de Somme, ses paysages, sa faune, ses marées, ses sables mouvants. Une impression de bout du monde. Un environnement rude et magique à la fois. C’est là que vit Laure Poupart, 31 ans, unique bergère de l’estuaire. Jeune femme sensible, dynamique, au large sourire empreint de liberté qui, sept jours sur sept, se confronte seule à la lourdeur de ce métier qu’elle a choisi et mène une lutte conquérante contre les pratiques ancestrales et machistes tout en perpétuant les traditions.

La première chose à laquelle je me suis confrontée en rencontrant Laure est le rythme intense de ses journées. Elle est venue me chercher à la gare de Noyelles-sur-Mer à 18h15 et… c’était parti ! Direction la baie, pour déplacer le parc des moutons afin qu’ils puissent paître et dormir tranquillement. Puis pour rassembler le troupeau disséminé dans l’immensité de ce lieu incroyable que je découvrais pour la première fois. Ensuite, direction la bergerie, pour nourrir et soigner les bêtes restées à l’abri car trop faibles pour la baie. Puis direction la maison, pour y déposer Pêche, Safou et Luc, ses fidèles compagnons. Et enfin passer faire un petit coucou à son compagnon, Aurélien, très occupé lui aussi avec son nouveau bar éphémère, le Mouton Phare, posé sur la plage de Cayeux-sur-Mer. 

Une évidence immédiate : le regard déterminé de la jeune bergère n’a rien du hasard. Laure n’a rien à faire des futilités. Elle n’a pas le temps. Avec son apparence très girly , c’est une femme qui s’est clairement fixée un cap, même si ce regard cache des failles et des blessures intimes insoupçonnables au premier abord. 

Les jours passés à ses côtés n’ont fait que renforcer ce sentiment. Laure se lève chaque matin à l’aube afin de passer du temps seule et au calme, puis elle fait du sport pour préparer son corps à la longue journée qui l’attend. Puis elle part à la conquête de ce métier de passion, fin prête à lutter contre les obstacles auxquels elle se confronte chaque jour, excepté quand elle garde seule le troupeau au milieu de la beauté et du calme de la baie. 

Bien que le rythme fût soutenu, notre rencontre a été de celle de l’évidence. La magie du moment et de l’instant. Des heures d’échanges, de discussions franches et profondes lors de nos longues marches dans la baie. Et c’est lors d’une de ces marches matinales, au lever du soleil, que la dualité qui anime Laure m’a sauté au visage. 

Qu’est-ce qui peut pousser une jeune femme de 31 ans à mener cette lutte conquérante face au machisme ambiant et au bizutage permanent, tout en partageant de nombreux moments avec Roland Moitrel, celui qui lui a tout appris et qui défend pourtant pour un monde patriarcal ? D’où lui vient cette envie profonde de perpétuer les traditions de cette profession et celles plus ancrées encore de sa famille, alors même qu’elle désigne l’univers dont elle vient comme une « entreprise familiale » et non comme un foyer chaleureux ? Cette famille dont elle reste éloignée, comme pour se protéger, tout en espérant s’en rapprocher. Cette famille qui lui a assigné le rôle de la fille et sœur écervelée qui s’est lancée dans une nouvelle lubie vouée certainement à l’échec ? Pourquoi avoir choisi ce métier de bergère pour fonder une famille, à l’image de sa grand-mère paternelle adorée qui a élevé six enfants à la ferme ? 

C’est en suivant Laure sur une année que des réponses à ces questions émergeront. C’est l’histoire d’une femme libre, insaisissable et incontrôlable, qui fait un choix de vie courageux pour faire face à la misogynie ambiante et à l’incompréhension des siens, source d’une violence sourde. L’histoire d’une bergère qui espère ainsi faire bouger les lignes.  

Laure aura-t-elle la force de continuer à lutter, de faire face à l’adversité permanente, à la lourdeur et la précarité de ce métier ? Va-t-elle réussir à fonder la famille de ses rêves, pour laquelle elle a choisi ce quotidien rythmé par le cycle de la vie de ses animaux ? Et parviendra-t-elle ainsi à obtenir cette reconnaissance qu’elle espère tant, de la part des autres éleveurs, de sa famille et surtout de son père ? 

Laure m’a ouvert les portes de chez elle et offert sa confiance. Je mettrai un point d’honneur à réaliser un film proche de son regard sur le monde. Je souhaite capter au plus près sa quête d’identité et de liberté. Le film sera à la fois rythmé, authentique, poétique et tendre. Pour raconter cette conquérante, sa rage de réussir et son plaisir intact de vivre entourée de la nature, de la mer, de la baie, de sa faune et sa flore. 

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